L’École de demain ? Il y a urgence !
Pour que chaque enfant puisse trouver son chemin
Aucune nation ne peut préparer son avenir sans une École forte. Une École capable d’instruire, de transmettre, d’émanciper et de donner à chaque enfant les moyens de construire sa vie.
Pourtant, l’École française ne tient plus pleinement cette promesse.
Malgré l’engagement quotidien de ses enseignants et de tous ceux qui la font vivre, le niveau recule, les inégalités se creusent et la confiance disparaît. Trop d’élèves quittent l’école primaire sans maîtriser suffisamment la lecture, l’écriture ou le calcul. Au collège, les difficultés s’accumulent. Au lycée, le baccalauréat ne garantit plus toujours la maîtrise des connaissances nécessaires à la poursuite d’études.
Ce déclin n’est pas une fatalité. Il est le résultat de choix successifs qui ont progressivement éloigné l’École de sa mission première : instruire et transmettre. Pendant des décennies, nous avons voulu faire entrer tous les élèves dans un même modèle. Mêmes parcours, mêmes rythmes, mêmes méthodes, mêmes objectifs.
Cette uniformité devait garantir l’égalité. Elle produit trop souvent l’inverse.
Les élèves les plus fragiles décrochent parce qu’ils ne reçoivent pas l’accompagnement dont ils ont besoin. Ceux qui pourraient aller plus loin ne sont pas suffisamment stimulés. D’autres encore, qui apprennent mieux par la pratique, perdent progressivement confiance dans une École qui ne reconnaît ni leurs aptitudes ni leurs aspirations.
À vouloir faire réussir tout le monde de la même manière, nous finissons par empêcher chacun de réussir réellement.
Le collège unique est devenu le symbole de cette impasse. Il rassemble dans les mêmes classes des élèves dont les niveaux, les besoins et les projets sont profondément différents, tout en demandant aux enseignants de répondre seuls à cette hétérogénéité croissante. L’égalité des chances ne consiste pourtant pas à imposer le même chemin à tous, mais à permettre à chacun de trouver celui qui lui correspond.
Cette confusion se prolonge jusqu’au lycée. En faisant du baccalauréat l’objectif presque systématique de toute une génération, nous avons affaibli sa valeur sans faire disparaître les inégalités. Dans le même temps, les voies professionnelles, technologiques, artisanales et l’apprentissage restent trop souvent considérés comme des orientations par défaut.
Il n’existe pourtant pas de hiérarchie entre l’intelligence de la main et celle de l’esprit. Notre pays a autant besoin d’artisans, de techniciens et de soignants que d’ingénieurs, de chercheurs ou de professeurs. Tous les talents méritent d’être reconnus et conduits vers l’excellence.
L’inclusion scolaire révèle les mêmes contradictions. Son ambition est juste, mais elle ne peut pas devenir une injonction aveugle. Inclure ne signifie pas placer chaque enfant dans une classe ordinaire quelles que soient ses difficultés. Inclure, c’est lui offrir le cadre, l’accompagnement et les professionnels dont il a réellement besoin. Cela suppose de mieux former et valoriser les AESH, de soutenir les enseignants et de redonner toute leur place aux structures spécialisées lorsqu’elles sont nécessaires.
Dans le même temps, les enseignants s’épuisent. Ils doivent répondre à des missions toujours plus nombreuses, appliquer des réformes décidées loin du terrain et consacrer une part croissante de leur temps à des tâches périphériques. L’École prétend désormais tout faire, tout réparer et tout compenser, au risque de ne plus parvenir à accomplir l’essentiel.
L’École de demain devra retrouver une mission claire.
Elle devra garantir à tous la maîtrise des savoirs fondamentaux, restaurer l’autorité et le respect, reconnaître l’effort et le mérite, valoriser toutes les formes d’intelligence et offrir des parcours différents avec de véritables passerelles.
Elle devra faire confiance aux enseignants, donner davantage de liberté aux établissements et replacer les décisions au plus près des élèves et du terrain.
Nous ne voulons plus d’une École qui entretient l’illusion de l’égalité en demandant à tous les enfants de devenir identiques.
Nous voulons une École exigeante et profondément juste. Une École qui n’abandonne personne, mais qui ne renonce à l’excellence pour personne. Une École qui permette à chaque enfant d’apprendre, de progresser, de découvrir ses talents et de trouver sa place.
Voilà l’ambition de L’École de demain. Parce qu’en reconstruisant l’École, nous préparerons véritablement les générations de demain. Et il y a URGENCE !